(Cette série d’articles est une traduction de la série Introduction to The Web Standards Curriculum publiée sur le site d’Opera Software. Cet article est une traduction de The history of the Internet and the web, and the evolution of web standards écrit par Mark Norman Francis). N’hésitez pas à me faire part de vos remarques si vous voyez des incohérences avec le texte original!)
Introduction
“Plaise à votre majesté, où dois-je commencer?”
“Commencez au commencement” dit le roi d’un ton grave, “et continuez jusqu’à ce que vous arriviez à la fin; ensuite, arrêtez-vous”
Alice au pays des merveilles; Lewis Caroll
Il faut bien commencer quelque part, alors nous allons commencer notre initiation avec une leçon d’histoire. Ci-dessous, je vais vous donner un bref aperçu de la création d’internet, du world wide web, et des “Standards web” qui sont le sujet du reste de cette série d’articles. Il est utile et intéressant de connaître les origines de l’Internet, cela sera suffisamment condensé pour que vous ne soyez pas submergé par l’information, on ne s’arrêtera que sur certains détails. Si certains termes ne sont pas clairs, ne vous inquiétez pas; s’ils sont important pour apprendre le développement web alors ils seront définis plus tard, lorsqu’ils seront abordés en détail. Vous pouvez aussi faire une recherche sur Google! Si vous êtes déjà familiers avec l’histoire d’Internet ou du world wide web, vous pouvez aller directement sur la partie à propos des standards. Cet article se compose de la manière suivante:
Les origines de l’Internet
Le 4 octobre 1957, a eu lieu un événement qui changera le monde. L’union soviétique a réussi à lancer le premier satellite en orbite. Appelé “Spoutnik 1″, cela a choqué le monde entier, et plus particulièrement les Etats-Unis d’Amérique, qui avaient, eux aussi, un programme de lancement satellitaire en cours, mais pas encore prêt.
Cet événement à directement entrainé la création d’ARPA (Advanced Research Projects Agency) au sein du département de la défense américaine, en réponse à un besoin reconnu d’une organisation qui ait les moyens d’effectuer des recherches et de développer des idées avancées et technologiquement en avance sur son temps. Leur projet le plus connu (et certainement le plus largement utilisé) a certainement été la création de l’Internet.
En 1960, le psychologue et informaticien Joseph Licklider a publié un article titré “Man-Computer Symbiosis” (Symbiose homme-ordinateur), qui développe l’idée d’un réseau d’ordinateur pouvant former une solution de stockage et de recherche d’information avancée. En 1962, alors qu’il travaillait pour l’ARPA en tant que chef du programme de recherche en informatique, il crée un groupe pour pousser la recherche vers son idée, mais quitte le groupe avant que le moindre travail n’ai commencé.
Le programme de création de ce réseau d’ordinateurs (qui sera appelé “ARPANET”) a été présenté en Octobre 1967, et en Décembre 1969 le premier réseau, composé de quatre ordinateurs, était opérationnel. Le principal problème dans la création d’un réseau était de trouver une solution pour interconnecter des sous réseaux tout en ne monopolisant pas les ressources en créant des liens constants. La technique utilisée pour résoudre ce problème est la transmission par paquets et implique que les échanges de données soit découpés en petit morceaux (”paquets”), qui pourront être traités rapidement sans bloquer la communication d’autres tiers du réseau-ce principe est toujours mis en oeuvre pour faire marcher l’Internet aujourd’hui.
Ce concept a été largement adopté, avec la naissance de multiple réseaux qui utilise le même principe de transmission par paquet-par exemple, X.25 (développé par l’Union Internationale des Télécommunication) créé sur les cendres de l’ancien réseau universitaire JANET du royaume uni (permettant aux universités anglaises d’envoyer et de recevoir des fichiers et des emails) ou le réseau public américain CompuServe (une entreprise commerciale qui permettait aux petites entreprises ou aux particuliers d’avoir accès à des ressources informatiques partagées, et ainsi, plus tard, Internet). Ces réseaux, bien que très utilisés, sont principalement des réseaux privés que l’Internet d’aujourd’hui.
Cette prolifération de multiple protocole réseau est rapidement devenue un problème lorsqu’il a fallu interconnecter tous ces réseaux ensemble. Cependant, une solution était en vue-Robert Kahn, qui travaillait sur un projet de réseau satellitaire pour ARPA, avait commencé à définir des règles pour mettre en place une architecture plus ouverte et remplacer le protocole en cours d’utilisation au sein d’ARPANET. Il a ensuite été rejoint par Vinton Cerf de l’université de Stanford, et ils ont créés ensemble un système qui masque les différences entres les protocoles réseau en développant un nouveau standard. Dans la publication du brouillon des spécifications en Décembre 1974, ce standard a été appelé “Internet Transmission Control Program” (programme de contrôle des transmissions internet).
Cette spécification a réduit le rôle du réseau et déplacé la gestion de l’intégrité des transmissions à l’ordinateur hôte. Grâce à cela, il a été finalement possible d’interconnecter une grande majorité de réseaux ensemble. ARPA a financé le développement du logiciel, et en 1977 une démonstration réussie de trois différents réseaux communiquant ensemble a été conduite. En 1981, la spécification a été finalisée, publiée et adoptée; et en 1982 les connections d’ARPANET en dehors des Etats-Unis ont été adaptées pour utiliser le nouveau protocole “TCP/IP”. L’internet tel que nous le connaissons est né.
La création du world wide web
Gopher était un protocole de recherche de l’information utilisé au début des années 90, il fournissait des méthodes pour consulter l’information organisée sous la forme d’une arborescence de menus hiérarchiques. Ces menus pouvaient sortir de l’ordinateur pour aller sur l’Internet rechercher des menus depuis d’autres systèmes. Il a été très populaire dans le milieu universitaire afin de diffuser des informations sur l’ensemble du campus et les grosses entreprises qui ont cherchées à centraliser le stockage et la gestion de l’information.
Gopher fût créé par l’université du Minnesota. En Février 1993, elle a annoncé qu’elle envisageait de faire payer de licences pour toutes utilisations de leur implémentation de référence du serveur Gopher. En conséquence, beaucoup d’entreprise ont commencées à chercher une alternative à Gopher.
Le conseil européen en recherche nucléaire (CERN), basé en Suisse, possédait une alternative. Tim Berners-Lee avait travaillé sur un système de gestion de l’information, dans lequel un texte pouvait contenir des références ou liens vers d’autres travaux, permettant ainsi à l’utilisateur de rapidement passer d’un document à l’autre. Il a créé un serveur permettant la publication de ce style de documents (appelé hypertexte) ainsi qu’un programme en permettant la lecture. Il baptisa ce système le “WorldWideWeb”. Ce logiciel a été publié pour la première fois en 1991, cependant, il a fallu deux événements pour provoquer l’explosion de sa popularité et ainsi remplacer Gopher.
Le 13 Avril 1993, le CERN donna le code source du WorldWideWeb au domaine publique, afin que tout le monde puissent l’utiliser et construire des logiciels sans charges de licence.
Ensuite, plus tard dans la même année, le National Center for Supercomputing Applications (NCSA) publia Mosaic qui était à la fois un navigateur web et un client Gopher. A l’origine, il était uniquement disponible sur Unix et sous forme de code source, mais en Décembre 1993 Mosaic fournit une nouvelle version avec des installeurs pour Macintosh d’Apple et Microsoft Windows. La popularité de Mosaic a rapidement cru, et avec elle, le web.
Le nombre de navigateur web disponible a fortement augmenté, la plupart issu de projets de recherche universitaire, ou d’entreprise, comme Telenor (une entreprise norvégienne de télécommunication) qui a créé la première version d’Opéra en 1994.
La guerre des navigateurs
La popularité grandissante du web commença à susciter des intérêts commerciaux. Marc Andreessen quitta NCSA et fonda Mosaic Communications avec Jim Clark, qui sera renommé plus tard Netscape Communications Corporation, et commença à travailler sur ce qui deviendra la version 1.0 de Netscape Navigator qui sera publiée en Décembre 1994.
Spyglass Inc. (La branche commerciale de la NCSA) a vendu la technologie Mosaic à Microsoft pour créer la base d’Internet Explorer. La version 1.0 sera disponible en Aout 1995.
Une rapide montée en charge à suivie, avec Netscape et Microsoft essayant chacun de trouver des innovations en terme de fonctionnalités supportées afin d’attirer les développeurs. C’est à ce moment qu’a commencé la “guerre des navigateurs”. Opera a maintenu une petite mais solide présence durant cette période, et a essayé d’innover et d’adopter les standards web aussi bien que possible.
L’émergence des standards web
Durant la guerre des navigateurs, Microsoft et Netscape ont privilégié le développement de nouvelles fonctionnalités propriétaires ou en compétition frontale avec celles existantes dans les autres navigateurs, mais implémentées de manière incompatible, plutôt que de corriger celles déjà existantes.
Les développeurs ont dû faire avec, soit en ajoutant de la confusion en créant des sites web identiques, mais spécifiquement conçus pour chacun des navigateurs principaux, soit en ne choisissant de ne supporter qu’un seul navigateur et en bloquant les autres utilisateurs. Cete façon de travailler ne convenait pas aux développeurs, si bien qu’une contre-attaque de leur part était sur le point d’arriver.
La création du W3C
En 1994, Tim Berners-Lee fonda le World Wide Web Consortium (W3C) au Massachusetts Institute of Technology, avec le support du CERN, DARPA (le nouveau nom d’ARPA) et la Commission Européenne. La vision du W3C était de standardiser les protocoles et les technologies utilisées pour construire le web afin de rendre le contenu accessible au plus grand nombre.
Durant les années qui ont suivies, le W3C a publié plusieurs spécifications (appelées “recommandations”) telles que HTML 4.0, le format d’images PNG, et les feuilles de styles CSS versions 1 et 2.
Cependant, le W3C n’impose pas ses recommandations. Les éditeurs ne doivent se conformer aux documents du W3C que s’ils souhaitent indiquer que leurs produits sont compatibles avec les standards du W3C. Or, ce n’est pas un argument de vente car la grande majorité des utilisateurs ne savent pas qui est le W3C, ni ne s’en préoccupe. Par conséquent, la “guerre des navigateurs” a continuée comme si de rien était.
Le Web Standards Project
En 1998, le marché du navigateur était dominé par Internet Explorer 4 et Netscape Navigator 4. Une version béta d’Internet Explorer 5 est publiée, elle embarque une nouvelle version propriétaire de DHTML (Dynamic HTML). Ce qui impliquait que les développeurs web se devaient de connaître 5 façons différentes d’écrire du JavaScript.
En réponse à cela, un groupe de développeurs et designers web professionnels se sont regroupés au sein du “Web Standards Project” (WaSP). Ils se sont dit qu’en appelant “standards” les documents publiés par le W3C plutôt que “recommandations”, alors ils pourront plus facilement convaincre Microsoft et Netscape de les supporter.
La première méthode utilisée pour diffuser l’appel à l’action a été d’utiliser une technique publicitaire traditionnelle appelée “roadblock” (rue bloquée), qui consiste à publier une publicité sur tous les canaux de diffusion au même moment, ainsi tous les lecteurs auront le même message, indépendamment de la façon dont ils naviguent entre les différents canaux. Le WaSP a publié simultanément sur différents sites web de développement tels que builder.com, Wired online, et quelques mailing listes populaires.
L’autre technique qu’ils ont utilisés a été de ridiculiser les entreprises qui rejoigne le W3C (au tout autre organisme de standardisation) mais qui se concentre ensuite plus sur la création de nouvelles fonctionnalités, plutôt que de mettre en place les bases qu’ils ont validées comme point de départ.
Tout cela semble bien négatif, mais le WaSP n’est pas resté assis à critiquer les gens-Ils les ont aussi aidés. Sept membres ont formé les “Samourai du CSS”, qui ont identifiés le top 10 des problèmes liés à CSS dans Opera et Internet Explorer (Opera les a corrigé, contrairement à Microsoft).
La montée des standards web
En 2000, Microsoft publia Internet Explorer 5 pour Macintosh. C’est une étape importante, car il s’agissait à l’époque du navigateur installé par défaut sur Mac OS, et qu’il avait un niveau correct de support des recommandations du W3C. En ajoutant à cela le bon niveau de support de CSS et HTML d’Opera, cela a contribué au mouvement général, où les développeurs et designers ont commencé à se sentir à l’aise dans l’utilisation des standards du web.
Le WaSP a persuadé Netscape de décalé la sortie de la version 5.0 de Netscape Navigator jusqu’à ce qu’elle soit bien plus compatible (ce travail est à la base de ce qui est maintenant Firefox, un navigateur très en vogue). Le WaSP a aussi créé la “Dreamweaver Task Force” pour encourager Macromedia (maintenant Adobe) a modifier leur outils de création de site web afin d’encourager et supporter la création de site web respectueux des standards.
Le fameux site sur le développement web “A List Apart” a été refait au début de l’année 2001 et a décrit le pourquoi du comment, je cite:
Dans six mois, un an, ou deux tout au plus, tous les sites seront conçus avec ces standards. [...] On peut laisser ces connaissances devenir obsolètes, ou commencer à apprendre les techniques basées sur les standards dès maintenant.
C’était un tout petit peu optimiste-Certains sites, même en 2008, n’utilisent pas encore les standards web. Mais de nombreuses personnes ont écouté. La part de marché des vieux navigateurs a baissée, et deux autres site en vue on changé leur design pour utiliser les standards: Wired magazine en 2002, et ESPN en 2003 et sont devenu leaders du domaine en supportant les standards web et mettant en oeuvre les nouvelles techniques.
Encore en 2003, Dave Shea lança un site appelé “CSS Zen Garden”, afin d’avoir un impact encore plus important sur la population des professionnels du web, en montrant en pratique que le design complet d’un site peu changer en ne modifiant que la feuille de style de la page; le contenu quand à lui étant identique.
Depuis ce temps, l’utilisation des standards web est de rigueur pour les professionnels du web. Dans cette série, nous vous donnerons d’excellentes bases pour appliquer ces techniques afin que vous soyez à votre tour capable de développer des sites web aussi propres, sémantiques, accessibles et respectueux des standards que ceux des grandes entreprises.
Synthèse
Dans cet article, j’ai développé comment l’Internet moderne avait était développé grâce à la course vers l’espace; comment Tim Berners-Lee a définit hypertexte et comment les intérêts commerciaux de deux entreprises ont causés la plus violente réaction des développeurs jamais vu. Le terme “standards web” est maintenant plus largement utilisé par les professionnels du web que tout autres termes introduit par le W3C (si bien que maintenant même le W3C utilise ce terme dans ses pages), c’est ce que nous allons vous apprendre-la façons standards de développer des sites web.
A lire
Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez visiter les sites suivants:
Exercice
Vous souhaitez peut-être poursuivre les recherches en répondant à ces quelques questions:
- Quels sont les navigateurs disponibles sur Internet pour les utilisateurs de Windows, Mac OS X et Linux?
- Quelle est la part de marché de ces navigateurs?
- Quels sont les navigateurs des périphériques mobiles?
- Combien de standards le W3C a publié, lesquels sont largement supportés par le navigateurs internet aujourd’hui?